Pas de Hazarat hachatz dans les Yéchivot ? Voir le sujet suivant
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Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Lun 25 Mars 2019, 16:55 Répondre en citantRevenir en haut

A Yoelish 3 :

Je cite :
Citation:
non pardon ma question se rapportait plutot a ''il faut savoir que le monde lituanien connait d'autres halakhot et hanhagot très particulières aux yeshivot, qui visent toutes à éviter de perturber le limoud.''
Sur ce je demandais 'comme quoi?' merci.



Là je ne vous suis plus. Certes, j’ai écrit -je me cite :
Citation:
Je crois que la raison du Bitoul Torah est la vraie, associée au fait que la takana ne concernerait pas (ou moins) les yeshivot (comme le dit rav Kamenetsky ).
Ça peut paraître étrange si l'on n'a pas connu l'assiduité qui règne à la yeshiva, il faut savoir que le monde lituanien connait d'autres halakhot et hanhagot très particulières aux yeshivot, qui visent toutes à éviter de perturber le limoud.


Mais je vous ai devancé et ai moi-même indiqué un autre cas en écrivant tout de suite après :
Citation:
Un exemple: certains poskim sont meikilim concernant l'attente des six heures entre la viande et le lait, dès qu'on entre dans la sixième heure (=5h et 1mn), si c'est nécessaire pour le Seder limoud de la yeshiva; si le repas de midi était carné et que la yeshiva sert un repas lacté le soir, moins de six heures après, les élèves peuvent manger (dès qu'on entre dans la 6eme heure) afin d'éviter de perturber le seder halimoud.


Et pour le coup, je n’ai pas ajouté « et j’en passe » :)

Mais comme vous m’êtes sympathique, je tente de satisfaire votre curiosité :

Dans certaines Yeshivot (surtout des Yeshivot lituaniennes pur jus) les efforts pour éviter le Bitoul Torah nous ont amenés à plusieurs particularités, dont voici une partie:

-on ne dit pas tous les Piyoutim du Nossa’h ashkenaze pour les shabbatot particuliers (4 Parshiot…)

-on ne dit pas non plus toutes les Sli’hot (durant la période des Sli’hot), surtout Erev Rosh Hashana où la majeure partie est sautée.

-Certains font la Hatarat Nedarim courte en veille de Rosh Hashana (pas tous, c’est chacun ses goûts. Rav Nissim Karélits indiquait de faire la courte, en raison du Bitoul Torah -et pour d’autres raisons).

-On récite le Kidoush du Shabbat matin dans sa version la plus courte possible (Savrei Maranan, Baroukh...Boré Peri hagafen.) (Pour beaucoup d'entre nous, la Seouda durait rarement plus de 15 minutes...)

-On ne chante pas pendant les repas shabbatiques (entre autres raisons, pour éviter le Bitoul Torah).

-On ne fait rien de très particulier pour l’allumage de ‘Hanouka (on quitte son poste/sa place en courant rejoindre sa chambre allumer les Nerot déjà préparées depuis avant le Seder, on allume après bénédictions et on revient en courant, éventuellement en récitant Maoz Tsour.
Mêmes ceux dont la chambre est éloignée et qui veulent en plus passer aux toilettes, peuvent boucler l’interruption en dix minutes montre en main (=en donnant RDV à leur ‘Havrouta pour dix minutes après l'interruption).

-Dès lors, inutile de dire que Tou Bishvat ne se fait presque pas remarquer.
Il y avait un ou deux fruits au dessert ce jour-là à midi.
C’est tout.

Il y a encore certainement plusieurs détails comme ceux-ci, tous s’inspirent de la volonté de rentabiliser le temps d’étude et de privilégier le Limoud sur le reste afin de marquer et même de "créer" une ambiance propice à l'assiduité maximale.
Ambiance que j'avais nommée avec les Ba'hourim de la Yeshiva du Centre Alef (à l'époque où j'y étais Maguid Shiour) : Nor Teyré !
(Yeshiva fermée depuis plus de dix ans à présent).

C’est aussi pourquoi il y a certaines Halakhot propres au Beit Hamidrash dans lequel il est permis à l’étudiant de Torah de faire certaines choses (comme manger) prohibées dans une synagogue.
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Lun 25 Mars 2019, 16:58 Répondre en citantRevenir en haut

Bien, j'ai encore un peu de temps, après avoir répondu à vos messages n°2 et 3, je me lance dans la réponse à votre premier message.

A Yoelish 1 :

Je cite:
Citation:
Bonjour rav je faisais référence à " Et il y a encore plusieurs autres shitot et coutumes, dont certaines assez étonnantes et inattendues, sans les avoir rencontrées, on ne les imaginerait même pas! ..."


Vous parlez-là de shitot surprenantes dans les halakhot d’attente entre la viande et le lait.

Bien, en voici :

A part attendre 6h qur tout le monde connait, il y aussi attendre 1 heure, ancienne coutume hollandaise (cf. Rama Y’’D §89, 1 ), je ne dis pas qu’elle est pratiquée, mais qu’elle l’a été, c’est une « shita » qui existe.

Vous me dites que vous le saviez et que cela n’a rien d’étonnant, vous connaissiez déjà cette Shita.

Bien, continuons.

Il y a la Shita « 5h01 » ou « 5h00 » que je mentionnais plus haut.
Elle a une source ancienne, dans le Maguen Avot du Méiri (Inian 9) « jusqu’à ce que passent six ou cinq heures » (=5h01).

Vous me direz que je l’ai déjà citée, donc il n’y a rien de nouveau.

C’est vrai. Continuons.

Il y a la Shita « 5h31 », c-à-d le Rov de la 6ème heure.
Cf. Colbo (§106), Or’hot ‘Haim (II, p.335) et Yabia Omer (I, Y’’D §4).

Il y a la Shita « 3h ».
Celle des Yekkes et au sujet de laquelle « on » dit qu’elle n’a aucune base sérieuse.
Malgré tout, on lui trouve des alliés : Cf. Mizmor Ledavid (Pardo) (§89) et Shout Mishné Halakhot (XVI, §9).

Vous la connaissiez aussi ?
Ah, d’accord.
En voici une autre :

La shita « Fast food » : on n’attend pas !
Il suffit d’enlever la table (notion d’époque qui marque la fin du repas) , de faire la Brakha A’harona et de se rincer la bouche (Kinoua’h vehada’ha) .
Shita représentée chez les Rishonim par Tosfot (‘Houlin 105a) et le Mordekhaï citant le Raavia . Et Tosfot (‘Houlin 104b) cite aussi Behag et Rabénou Tam.


Ce n’est pas assez farfelu? voici autre chose :

Attendre « toute la journée » (=jusqu’à la fin de la Ona).
Cf. Darkei Tshouva (Y’’D §89, sk.2) qui cite le Arizal .
Ce dernier attendait la même chose aussi pour manger de la viande après du fromage (dans les deux sens donc).

Encore plus fort :

Attendre 24h ! Dans le Shas (‘Houlin 105a) c’est ce que faisait le père de Mar Oukva , mais certains l’ont fait plus tard aussi.
Cf. Shout Torah Lishma (§212) où se pose la question d’une personne qui attend 24h entre la viande et le lait , et aussi entre le fromage et la viande.
Y a-t-il un Smakh à cette ‘houmra et est-elle convenable ?

Il répond qu’il y a un Smakh pour les 24h par la Gmara ‘Houlin (op cit) , il y a aussi un Smakh pour attendre longtemps après le fromage, mais pas 24h, car même le Arizal n’attendait qu’une Ona. Et il ne convient pas d’inventer de nouvelles ‘Houmrot de ce genre, si le Arizal ne le faisait pas.


Et si ça ne vous suffit pas, en voici une dernière pour finir en beauté :

La Shita de la relativité : ça dépend de la saison; La Gmara ne donne pas un nombre d’heures, mais dit d’attendre d’un repas à l’autre, or, les repas en hiver sont (étaient) moins espacés qu’en été où la journée est plus longue…

Voir Maté Ephraïm (Ardit) (Salonique 1791, daf 28d, d’’h Vehaniré) et aussi le Pri ‘Hadash (§89, sk.6) qui estime les six heures estivales à approximativement 4 heures en hiver.

Voilà, en espérant avoir satisfait vos demandes et vous priant de ne pas vous formaliser pour ma remarque adressée à tous les internautes [dans mon premier message d'aujourd'hui (plus haut en page précédente)] et de bien vouloir excuser les fautes, je ne prends pas le temps de me relire.
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