Porter un enfant pendant Shabat Voir le sujet suivant
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AKazan



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MessagePosté le: Dim 10 Janvier 2016, 22:23 Répondre en citantRevenir en haut

Kvod haRabbanim,

Est-il permis de porter dans la rue, pendant Shabat, un jeune enfant (1 ou 2 ans...), qui marche depuis plusieurs mois, mais qui a décidé de s'arrêter en chemin et que l'on n'arrive plus à remotiver ?

En vous remerciant d'avance,
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Mar 12 Janvier 2016, 14:27 Répondre en citantRevenir en haut

Ça se discute dans les milieux rabbiniques.
Le Pri Tevoua (I, §7) permet de porter un bébé si deux conditions sont remplies:
a) s'il sait marcher seul
b) si on ne passe que dans des domaines dits karmelit; pas dans un reshout harabim gamour.
La majeure partie de nos rues ne sont que Karmelit, mais les grands axes et les grandes avenues sont reshout harabim gamour.

Rabbi Akiva Eiger (shout §28) tend à suivre cet avis, malgré l'opposition du Maguen Avraham (§308, sk.71) .

Par contre, s'il manque une des deux conditions, ce sera interdit.

Mais même en remplissant ces deux conditions, plusieurs a'haronim s'opposent à ce din et interdisent même dans le cas d'un karmelit:

Binian Tsion (§20),

Beth Méir (§308),

Kaf Ha'haim (§308, sk.251),

Min'hat Shabbat (§82, sk.28),

Sheélat Shaoul (O"H §44),

Maharsham (VII, §52) et dans Daat Torah (§308, sk.25)



C'est donc la règle suivie a priori.

Le Shoul'han Aroukh Harav baal Hatania (§308, 81) indique de bien diffuser cette information aux gens qui se trompent et portent leur enfant (qui sait marcher) dans la rue. Mais le Mishna Broura (§308) préfère ne pas le dire aux gens qui transgresseront de toute manière cette halakha (moutav sheyiyou shogueguim).

Je me permets d'en parler ici, car je pense que ceux qui posent la question et qui cherchent à se renseigner sur ce point sont avant tout soucieux de bien agir en conformité avec la halakha et seront donc prêts à arrêter de porter leur enfant dans la rue le shabbat.

Toutefois, dans une situation de "crise" (shaat had'hak), si l'enfant s'arrête en pleine rue et refuse d'avancer, on se permettra (Kaf Ha'haim §308, sk.251, Shout Sheélat Shaoul O"H §44) de suivre l'opinion permissive pour les rues qui ne sont pas reshout harabim min hatorah (il faudra donc éviter les grands boulevards et s'il faut les traverser, on fera marcher l'enfant sur cette portion de chemin en lui tenant la main, voire en le tenant à deux et en le faisant sauter moins de 4 amot à chaque fois) , le Shmirat Shabbat Kehilkhata (§18, 56) indique de porter l'enfant tout en s'arrêtant à chaque fois pour éviter de parcourir 4 amot (~2 mètres) consécutifs en portant et lorsqu'on arrivera à son immeuble/appartement, on laissera l'enfant entrer tout seul [il ajoute encore (note 223) au nom de rav Auerbach que porter l'enfant sur les épaules allège aussi l'infraction car il se trouve alors (généralement) au-dessus de 10 tfa'him du sol] .

Et lorsque l'enfant est malade (ou menace de le devenir en restant dans la rue car il fait froid ou il pleut etc.) , il sera permis de le porter même s'il n'est pas concerné par 'haï nossé et atsmo (=il ne sait pas marcher, il dort, il refuse qu'on le porte et veut rester sur place, etc.) tant que c'est dans un karmelit (mais pas dans un reshout harabim gamour) (Igrot Moshé IV, §91)


En résumé:
Il est interdit de porter un enfant dans la rue.
Mais beshaat had'hak (=s'il refuse d'avancer une fois en pleine rue etc.) on autorise à le porter uniquement dans un karmelit (donc sans passer par les grandes avenues) et uniquement s'il sait marcher (=s'il correspond aux critères de 'haï nossé et atsmo, cf. plus haut) et si l'on craint la maladie: même s'il ne sait pas marcher.
-On allège le problème en portant l'enfant sur les épaules, ainsi qu'en s'arrêtant avant chaque 4 amot (etc. cf. plus haut)

Je ne me relis pas, désolé pour les fautes et repassez d'ici une ou deux semaines sur ce post, il est probable qu'il y ait des remarques car je n'ai pas pris le temps de creuser convenablement ce point dans les poskim avant d'écrire.


Dernière édition par Rav Binyamin Wattenberg le Lun 22 Avril 2019, 11:02; édité 1 fois
AKazan



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MessagePosté le: Ven 22 Janvier 2016, 13:10 Répondre en citantRevenir en haut

Kvod haRav

Après avoir attendu le délai recommandé, je vous remercie très sincèrement pour votre réponse à la fois complète et très claire à ma question " Porter un enfant shabbat", qui m'aidera à mieux comprendre et mieux agir chabbat !

Je vous souhaite chabbat chalom
Chmouel_torjmane



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MessagePosté le: Lun 22 Avril 2019, 10:42 Répondre en citantRevenir en haut

Kvod arav,
Si jamais je remplis les 2 conditions requises pour porter mon enfant chabath ,
Les gens ne vont ils pas arriver à porter leur enfants meme sans remplir les 2 conditions ?
Nous ne craignons pas de marite ayine ??
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Mer 05 Juin 2019, 14:59 Répondre en citantRevenir en haut

Non, nous ne craignons pas le Marit Haayin au point d'interdire et de laisser l'enfant dans la rue où il pourra tomber malade et même pire.

En règle de base, nous ne créons pas de nouvelles Gzeirot de Marit Haayin de nous même. Si on arrive à rattacher la crainte à une Gzeira existante, oui, sinon, non.

Je sais que la Halakha moderne a facilement recours au principe de Marit Haayin, qui est parfois dégainé à tort et à travers, mais il ne s'agit que d'une crainte (qu'il est parfois parfaitement légitime d'éprouver), pas d'un "issour".

C'est pourquoi, lorsqu'il y a un danger potentiel, on laisse de côté ces "craintes" non établies par la Halakha.

Vous me direz: mais alors que faire des gens qui concrètement vont me voir porter un enfant dans un Karmélit car il sait marcher ou car il y a un risque de maladie et qui vont en déduire qu'il est autorisé de porter les clés de leur appartement?

Je vous répondrais: Nous ne sommes pas responsables de leur ignorance: s'ils ne savent pas qu'il peut y avoir des cas où il est autorisé à porter l'enfant, car on craint qu'il "prenne froid", on ne peut pas s'en soucier (outre-mesure).
Tout comme on ne peut pas se soucier outre-mesure d'une personne qui en verrait une autre prendre la voiture pour amener un malade aux urgences.
Si c'est possible, on fait en sorte d'éviter l’ambiguïté (certains conseillent alors de prendre la voiture en portant un Talit Gadol) , mais si ce n'est pas possible ou qu'il y a urgence (etc.), on espère que les spectateurs ne seront pas bêtes.

Seuls les cas définis par 'Hazal comme interdits au titre de Marit Haayin sont à respecter, les autres ne sont que des craintes dont il ne convient pas toujours de tenir compte, notamment lorsqu'un enfant souffre.

[Mais bien entendu, si l'enfant se porte bien et ne pleure pas, et qu'il fait beau et qu'il veut juste rester jouer encore un peu au parc mais que ses parents aimeraient rentrer, cela n'autorise pas à le porter.]
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