Citation:
Je n'ai pas relu cette réponse mais je poste ce message ici car il est lié au titre de la réponse :
Je me souviens de plusieurs commentaires que vous rapportez sur les exagérations chez Hazal.
On m'a envoyé ce soir un passage d'un cours de Rav Rozenberg z'l sur la Guemara qui raconte comment Og a déraciné une montagne de 3 Parssaot.
Le Rav rapporte un "Maassé Nora" d'un Rav qui était de passage chez le Hazon Ich et qui s'est exclamé qu'il est évident qu'on ne peut pas expliquer cette Guemara Kipshouto, alors le Hazon Ich a écarté la bouteille du vin.
Le Rav conclut que c'est connu la Chita du Hazon Ich comme quoi celui qui a des "Deot Kozvot", son vin est Yayin Nessekh.
J'aurais voulu s'il vous plaît avoir votre commentaire sur cette histoire au vu de ce que vous avez pu dire sur des sujets similaires.
Il n’est pas nécessaire de citer un témoignage de
Rav Rozenberg, vous pourrez lire cela dans le
Maassé Ish (I, p.221), et pour la conclusion qui s’impose quant à la Hashkafa du
‘Hazon Ish sur les Agadot, voyez
Kobets Igrot du ‘Hazon Ish (I, §15) où il écrit assez clairement qu’il ne distingue pas entre la partie Agadique et la partie Halakhique du Shas et que toute relativisation des paroles des Sages constitue de la Kfira…
Cette Shita du
‘Hazon Ish est assez iconoclaste, en cela qu’elle contredit de plein fouet les Rishonim et les Gueonim.
J’ai questionné de grands Rabanim à ce propos, mais je n’ai obtenu aucune réponse satisfaisante
(Reb Dovid Kohn m’a dit qu’en effet, c’est une Ma’hloket, c-à-d que le ‘Hazon Ish était ‘Holek sur les Rishonim… Je dois avouer être resté sur ma faim).
Si l’on suit à la lettre la position du
‘Hazon Ish, si l’on admet qu’il considérait Kofer celui qui essaie d’interpréter certaines Agadot comme étant des paraboles, cela revient à dire qu’il aurait aussi qualifié de Kofrim de nombreux Gdolei Israel, les Gueonim, les Rishonim, la majorité des Gdolei Haa’haronim, et une bonne partie des A’haronim.
Il n’est pas le seul à tenir cette position, depuis les A’haronim nous en trouvons (par exemple le
Shla Hakadosh, Vaéra, Torah Or, §11), mais ils sont très minoritaires
(durant les premiers siècles de la période des A’haronim. Après, l’ignorance aidant, cette idée s’est répandue).
Le souci avec ces A’haronim, c’est qu’il semble qu’ils n’aient pas lu les Rishonim et les Gueonim sur ces sujets et qu’il y a fort à parier que s’ils avaient eu accès à ces Sfarim, ils seraient revenus sur leur position.
Ne serait-ce que sur l’exemple en question de Og qui a arraché une montagne etc.
(Brakhot 54b) que vous mentionnez, j’ai du mal à croire que le
‘Hazon Ish aurait repoussé le vin du
Rashba ou l’aurait traité d’Apikoros parce qu’il interprète cette Agada de manière allégorique
(Piroushei Haagadot, Mossad Harav Kook, p.58).
Et si l’on peut imaginer que le
‘Hazon Ish n’ait pas lu ce
Rashba (car il est dans le
Piroushei Haagadot), que dire du
Maharsha dont il
(le ‘Hazon Ish) vante tant les mérites
(Kobets Igrot I, §1) qui explique de manière allégorique nombre de Agadot, dont celle-ci en particulier.
De plus, il cite même le
Rashba en question sur cette Agada! Difficile de ne pas savoir que le
Rashba interprétait cette Agada autrement que par la manière littérale imposée par le
‘Hazon Ish.
Toujours sur cette Agada, nous avons plusieurs commentateurs qui l’expliquent de manière allégorique. Parmi eux, le
Maharal dans
Gour Arié (Bamidbar 21,35), voir aussi son
Netsa’h Israel (§5, p.24) et son
‘Hidoushei Agadot (Zva’him 113a).
Voir encore
Rav Arama dans
Akeidat Its’hak (‘Houkat, Shaar 81, daf 98b-99a), le
Noda Biyehouda dans son
Tsla’h (Brakhot 54b), le
Ben Ish ‘Haï dans son
Ben Yehoyada (Brakhot 54b),…
Les Rishonim sont eux aussi d’accord que la Agada a été transmise depuis le Sinaï, qu’elle n’est pas moins Kdosha que la partie Halakhique, etc. Là n’est pas la question. Le sujet est de savoir s’il est possible que les ‘Hazal se soient exprimés par des paraboles et allégories sans avoir l’intention d’affirmer ce qu’ils disent au niveau du Pshat.
Tous les Rishonim nous enseignent que oui, et même chez les A’haronim nous avons cet enseignement qui revient.
Le
Ram’hal est connu pour son ouvrage à ce sujet.
Bref, pour l’instant je n’ai pas d’explication satisfaisante (à mes yeux) pour justifier la position du
‘Hazon Ish.