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Que prendre en plus sur soi face à cette situation en Israel

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Rav Binyamin Wattenberg
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A Utilisateur111 :

Merci pour ce lien.
Rav Binyamin Wattenberg
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A Aralé :

Citation:
Concernant l'attitude à suivre vu la situation actuelle en Eretz. Une fois qu'on a pris sur soi un plus en prière, en mitsvot, en étude, en midot, qu'en est-il de la conduite habituelle ?
Je pense en particulier à l'humour qui accompagne souvent le quotidien juif. D'un côté il est peut être déplacé de faire de l'humour, raconter la dernière blague, etc. alors que nos frères meurent, souffrent, etc. D'un autre côté, il faut éviter la déprime et garder le moral.
Qu'en dit la halaha ?


Ce qu’en dit la Halakha, je ne le sais pas.
Je peux néanmoins vous donner mon sentiment et ma pensée sur la question :
Je pense qu’il n’y a pas de réponse standard ; tout d’abord il y a humour et humour, et ensuite, l’attitude devrait logiquement varier en fonction de votre proximité avec les personnes en souffrance (si l’un des otages est votre cousin germain, cela implique plus de retenue).

Il ne s’agit pas de « jouer un jeu », faites comme vous le ressentez.
Mais de manière plus générale, il ne faut pas se laisser aller à la déprime et il est important de garder le moral et la bonne humeur.
N’allez pas forcément dire cela à la famille proche d’un otage, il faut respecter leur situation, ce drame les touche plus que nous autres (bien que nous soyons tous concernés à moindre niveau), mais il n’est ni nécessaire, ni bon, ni judicieux de sombrer dans la tristesse.

Jusqu’au milieu des années 80, il y avait des juifs en grand danger en URSS, notamment ceux envoyés en Sibérie.
Pourtant, les juifs de France vivaient quand même et rigolaient aussi. On envoyait des colis de denrées, des lettres, on faisait ce qu’on pouvait faire, mais se miner la vie ne les aurait pas aidés plus que ça.

Avant les juifs du goulag, il y avait aussi des juifs en souffrance et en danger ailleurs, dans différents pays.
En Algérie de 1954 à 1962 -en fait jusqu’à ce que les derniers juifs fuient l’Algérie.

Ainsi que dans de nombreux pays musulmans depuis 1948.

Avant ça, c’était la Shoah, encore avant (depuis 1933) c’était déjà terrible pour les juifs allemands…

Bref, on peut remonter comme ça sur tout un siècle et même avant, depuis à peu près 2000 ans il y a toujours eu des juifs en difficulté sur la planète.

Si même ceux qui n’en furent pas les victimes directes avaient dû se morfondre, nous n’aurions que des ashkenazes de nos jours, la jovialité sfarade aurait succombé à cette succession de pogromes et de Tsarot. CQFD.

La Gmara Rosh Hashana (18b) indique que les jeûnes (à part Yom Kipour et Tisha Beav) ne sont obligatoires que lorsqu’il y a une « Gzeira » (des pogromes, de la discrimination, des mesures) contre les juifs, ce qui est interprété par certains commentateurs comme voulant dire une « Gzeira contre les juifs quelque part dans le monde ».
Les périodes où les Taaniot étaient facultatifs étaient bien courtes...
Rav Binyamin Wattenberg
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Concernant ce que j’ai écrit plus haut https://www.techouvot.com/viewtopic.php?p=57886#57886
par rapport à la ‘houmra de manger de la Matsa Shmoura tout Pessa’h, il faut savoir que le Noda Biyehouda (II, o’’h §79) écrit qu’en dépit de la ‘Houmra du Pri ‘Hadash (§453) que les grains de blé soient surveillés depuis la Ktsira (et pas seulement depuis la T’hina), le Minhag dans tous les pays de Pologne et d’Allemagne (ça veut dire toutes les contrées ashkenazes) est que personne n’en tient compte à part quelques rares « Mehadrin min hamehadrin ».
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 6855
En complément de mes messages du 9 octobre 2023 ( https://www.techouvot.com/viewtopic.php?p=57733#57733 ) et du 17 octobre 2023 ( https://www.techouvot.com/viewtopic.php?p=57758#57758 ) où je citais le Netsiv et où j’écrivais : « Il est légitime d’avoir des opinions et Hashkafot différentes, mais totalement erroné de considérer chaque différence Hashkafique comme étant primordiale et transformant l’autre en Kofer et Apikoros. »

Traiter l’autre de Kofer/Apikoros, c’est un peu la tactique de Staline qui disait de traiter un adversaire de fasciste et ça suffira à le discréditer, ou au moins lui faire perdre une bonne partie de son auditoire. Et ce, même si RIEN de concret ne vient étayer cette accusation, c’est juste une insulte qu’on rattache à une phrase ou une conduite ou une appréciation, on la taxe de fasciste et c’est bon.

Nous connaissons le même phénomène, entre rabanim, avec l’accusation de « Kfira ». Il suffit de traiter son adversaire (c-à-d celui qu’on souhaite voir tomber, qu’on veut faire disparaitre, celui dont le discours nous dérange parce qu’on sait qu’il a raison) de Kofer pour qu’une grande majorité du Tsibour ait de sérieuses suspicions à son sujet et s’écarte de lui, et d’un autre côté, le taxé de Kfira lui-même devra dépenser son énergie à se justifier et expliquer pourquoi ce n’est pas de la Kfira de faire ou dire ou penser telle ou telle chose.
Bref, en un mot crié bien haut, on anéantit quasiment l’autre Rav. C’est une méthode stalinienne assumée et cette « paternité » renseigne bien sur la mentalité et le Lishma des objectifs des rabanim qui incriminent de la sorte celui qu’ils veulent « dégommer ».

[Je sais que ce n’est pas utile de le préciser, mais comme il y a des gens pour qui ça l’est, je le précise : Bien entendu, il peut quand même y avoir des situations où l’accusation de kfira est juste, méritée et nécessaire, je ne parle pas de ces cas.]

Ces mauvais esprits n’ont pas besoin de savoir que leur conduite de dictateur est comparable à celle de Staline, et des rabbins ont devancé Staline de plusieurs siècles à en croire le Netsiv (dans sa Pti’ha à Beréshit) qui attribue ce mal à certains Tsadikim de la génération de la destruction du second Temple, il y a 20 siècles, qui traitaient quiconque ne s’accordait pas exactement avec leurs propres Hashkafot, de Min et Kofer.

Nous avons toujours ce même problème, deux millénaires plus tard…

C’est donc l’occasion de s’en débarrasser une fois pour toutes, chaque juif, chaque Rav, chaque Tsadik, qui fera Tshouva sur ce point et apprendra à devenir plus tolérant envers un autre Yeré Hashem, dans l’esprit de David Hamélekh et du Tehilim (119,63) חבר אני לכל אשר יראוך ולשומרי פקודיך fera avancer les choses de manière très significative.
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