Il n'est pas souhaitable de lire des magazines de sport ni pendant Chabat, ni en semaine.
Néanmoins, celui qui lit de telles revues pendant Chabat, il a sur qui s'appuyer, si c'est pour lui un plaisir.
Toutefois, il faut faire attention de ne pas lire les publicités qui apparaissent dans le magazine.
Sources et explications
Nos sages ont interdit de lire pendant Chabat des Chitrei Hediotot, c’est-à-dire des documents profanes, comme par exemple des contrats ou des factures.
Selon Le Rambam (פכ"ג הי"ט) c'est un interdit rabbinique qui a été décrété de peur qu'on vienne à effacer l'écriture. Selon le Roche (פכ"ג ס"א) cela s'inscrit dans l'interdit de s'occuper de ses affaires profanes (ממצוא חפצך).
Le Talmud (שבת קמט.) nous enseigne qu'il est interdit pendant Chabat de lire le titre qui est inscrit au-dessous d'un portrait, de peur qu'on vienne à lire des Chitrei Hediotot.
Les Tossaphot (קטז: ד"ה וכ"ש) en déduisent qu'il est interdit de lire pendant Chabat des récits de guerres et que même en semaine cela s'inscrit dans l'interdit de Mochav Letzim (assister à un spectacle comique) qui est lié au principe de Bitoul Tora, comme on le voit dans la Guemara de Avoda Zara (יח:).
Ces propos de Tossaphot sont rapportés dans le Choul'han Arou'h (סימן שז סעיף טז). C'est pourquoi le Michna Broura (סימן שז סקס"ג) écrit au nom de plusieurs décisionnaires qu'il est interdit de lire le journal pendant Chabat.
Quand la lecture du journal est un Oneg Chabat (un plaisir chabbatique)
Il y a une discussion au sein des décisionnaires si l'interdit de lire un écrit profane s'applique également dans le cas où cela constitue un Oneg Chabat.
D'un côté, le Choul'han Atzei Chitim (כותב סי' ג ס"ו), le Choul'han Arou'h Harav (סימן שא קונטרס אחרון סק"ב), le Maamar Morde'hai (שם סק"ב), le Kalkalat Chabat (אות לג) et le Michna Broura (שער הציון סימן שא סק"ז) sont d'avis que c'est interdit.
D'un autre côté le Maguen Avraham (סימן שא סק"ד) pense que c'est permis. Et tel est l'avis du Cheilat Yaabetz (ח"א סי' קסב) – cité dans le Chaarei Techouva (סימן שו ס"ח) – qui s'appuie sur les propos du Rama (סימן שז סעיף א) selon lesquels il est permis de raconter des nouvelles (comme par exemple des faits de guerres) à son ami s'il a plaisir à les écouter.
Rav Chlomo Zalman Auerbach (שולחן שלמה סי' שח סק"ד אות ג) adopte cette position. En effet, il autorise de lire une lettre qui a été reçue pendant Chabat, car il est possible qu'il ait du plaisir en la lisant.
Rav Elyachiv aussi partage clairement cette opinion et soutient qu'il est permis de lire un roman pendant Chabat en raison du fait que nous prenons plaisir à cette lecture. D'après lui, la lecture des récits de guerre n'a été interdite que lorsque nous n'en prenons pas de plaisir [אשרי האיש פט"ז ס"ג וס"ט].
C'est pourquoi il considère que selon la stricte loi il est permis de lire les nouvelles dans un journal si c'est pour nous un plaisir [ארחות שבת פרק כב הערה ריח].
Et tel est l'avis de Rav Ovadia Yossef (חזון עובדיה ח"ו פ"ב סק"ח) qui s'appuie sur l'avis du Cheilat Yaabetz (שם) selon lequel d'après la stricte loi il est permis de lire les nouvelles dans un journal, car c'est un plaisir de les lire.
Rav Elyachiv (ארחות שבת פרק כב הערה רכ) avance un deuxième argument pour autoriser la lecture de romans, celui du Chaarei Ephraïm (שער י סל"ג) selon lequel l'interdit de lire des écrits profanes ne s'applique qu'à des feuilles volantes, mais pas à des livres qui ne s'apparentent pas à des contrats ou des factures.
D'un autre côté, le 'Hazon Ich (דינים והנהגות פט"ו סכ"ג), Rav Bentzion Abba-Chaoul (אור לציון פכ"ה ס"ו) et Rav Nissim Karelitz (איל משולש פ"ה הערה מג) s'alignent avec les propos du Michna Broura (סימן שז סקס"ג) et interdisent de lire le journal pendant Chabat.
Lire les publicités
Cependant, Rav Elyachiv (שו"ת אבני ישפה ח"א סי' עו) et Rav Ovadia Yossef (חזון עובדיה שם) soulignent bien le fait qu'il est formellement interdit pendant Chabat de lire les publicités qui apparaissent dans le journal, car il est défendu de lire tout écrit qui est en rapport au commerce, comme l'ecrivent le Cheilat Yaabetz (שם) et le Michna Broura (שם).