Citation:
Quand on fait motzi, si on n'a pas de sel pour tremper le pain, je pensais qu'on peut tremper le pain dans du pain comme si c’était du sel et accomplir ains la mitzva bediavade.
Ce chabbat, un ami m'a expliqué qu'il n’y a aucune source écrite de cette idée et qu’elle est fausse.
Pouvez-vous svp nous dire qui a raison, nous donner la source ou une solution le cas échéant
On ne peut pas dire que cette idée n’a aucune source, c’est une idée du
Kaf Ha’haïm (§167, sk.37) en personne.
Il la justifie en disant que «
pain » et «
sel » sont écrits en hébreu par les mêmes lettres : לחם – מלח.
Ça vaut ce que ça vaut, mais
[si de toute manière on n’a pas de sel,] ça ne mange pas de pain 😊.
N'allez pas vous battre (לחם) avec votre ami pour cette analogie des lettres, on ne peut pas lui en vouloir de ne pas y avoir pensé même en rêve (חלם), donc on lui pardonne (מחל) et on a pitié (חמל). Mais c'est quand même écrit dans le
Kaf Ha'haïm.
Bien sûr c’est surtout symbolique, d’ailleurs certains estiment qu’en cas de manque de sel, on pourra tout aussi bien tremper son pain dans du sucre (qui ne s’écrit pourtant pas avec les mêmes lettres). Le
‘Hatam Sofer disait que s’il n’y a pas de sel à table on trempera dans le sucre
(Minhaguei Baal Ha’hatam Sofer p.48, §3). Idem dans le
Shout Torah Lishma (§500) sans en être parfaitement persuadé.
Sans cela, il vaut mieux avoir du sel et le
Kaf Ha'haïm (§167, sk.40) écrit encore qu’il incombe à la femme d’apporter le sel à table. Pour cela, il écrit "qu’il est connu" que la femme de Loth n’avait pas voulu apporter le sel à table et c’est pour cela que sa punition a été d’être transformée en statue de sel.
(voir encore ici: https://www.techouvot.com/viewtopic.php?p=50848#50848 )
Ce qu’il appelle « il est connu », c’est un
Midrash Bereshit Raba (50,4) cité dans
Rashi sur place
(Bereshit 19,26), mais il s’agit d’y dire qu’elle refusait d’apporter le sel
pour les invités…
Etrangement, la Seouda par excellence où on aura toujours pensé à préparer le sel, est celle du vendredi soir (plus qu’à un petit déjeuner en semaine), alors que le
‘Hatam Sofer pensait qu’il n’y avait aucune nécessité à tremper son pain dans le sel justement le vendredi soir, puisque cette habitude vient du fait que la table est comparée au Mizbéa’h et que la règle est que chaque sacrifice devait être accompagné de sel (cf.
Rama o’’h §167,5), or ce n’est pas applicable le vendredi soir. Voir
Minhaguei Baal Ha’hatam Sofer (p.21, §12 et note 9 concernant l’autre raison du
Rama).
En résumé : vous avez raison, "tremper" son pain dans du pain a une source, dans le
Kaf ha’haïm (§167, sk.37).