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Mariage avec un Cohen, pas toutes égales.

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Neda
Messages: 8
Bonjour aux Rabbanim & Chavoua tov,

Le fait qu'un Cohen ne puisse se marier qu'avec un certain type de femme, ça me fait affreusement penser au principe de caste. Nous ne sommes pas toutes des juives égales visiblement et encore une fois je trouve que quelque chose est jugée par un humain AVANT le pardon de D.ieu, dans le cas où une fille aurait eu une relation passée par exemple, quand bien même elle aurait fait une techouva sincère pour D.ieu, eh bien non, elle ne pourra pas se marier à un Cohen.
Si elle a passé le parcours du combattant qu'est la conversion et qu'elle est enfin devenue juive, même si (soi disant ?) il ne faut pas rappeler à un converti qu'il est converti, là on le rappellera bien. Elle est devenue juive mais finalement pas tant que ça, pas comme il faut, pas la VRAIE juive...
Et si une jeune fille a une mère juive, mais que le père ne l'est pas, elle ne pourra encore pas. Pourtant elle est pleinement juive, mais cette "dilution" avec une âme non-juive; pour ne pas dire du sang non-juif, serait-elle indigne d'un Cohen ?
Fff
Messages: 36
Bonsoir,

Je ne suis pas Rav, je ne fais pas partie des cas concernés par cet évincement (si on peut dire), et je ne voudrais pas que vous pensiez que j'aie quoi que ce soit contre une personne dans l'un de ces cas.Je vous avoue sincèrement que j'ai grandi avec ces évidences qui ne m'ont jamais choquée, donc je ne rejoins pas votre avis là-dessus. C'est d'ailleurs pourquoi je n'ai pas de réponse Halakhique à vous avancer. J'ai cependant une réflexion à partager avec vous.

Que dire d'une femme divorcée? Et (si je ne me trompe pas) à l'époque du BHMK (Temple), d'une veuve, qui toutes les deux ne pouvaient se marier avec un Cohen ?
Même s'il s'agit de juives à tous les niveaux, entièrement Kchérot (je ne saurais pas le traduire, je dirais "personne pure"), qui ont certainement souffert et qui sont peut-être plus Tsadikot (grand Tsadik, juste) que beaucoup ne pourront le devenir, elles ne peuvent pas se marier à un Cohen. Il ne s'agit donc pas d'un problème de Tsidkout (droiture), comme vous l'avez avancé pour une personne qui aurait fait Téchouva (demandé pardon) de toutes ses forces, ou pour une Giyoret (convertie) qui aurait bataillé durant des années pour acquérir le statut qui la rapprocherait le plus de son Créateur. Et ce n'est pas non-plus une question de sang pur, sang juif, ou autre broutille du même genre.
Il s'agit simplement de la conséquence immédiate d'une réalité: tous les juifs n'ont pas le même statut. Il y a des Israelim, des Léviim, des Cohanim... Chacun avec ses règles, sa Kdoucha (sainteté), et donc les responsabilités qui en découlent. Un Cohen a plus de Mitsvot qu'un Lévi ou qu'un Israel. Beaucoup ont certainement regretté de ne pas être né dans la bonne famille et ne pas pouvoir servir dans le Beth Hamikdach (Temple) plus tard, pour ne citer que mes petits frères lorsqu'ils étaient plus jeunes, mais (souvenir de mes cours de séminaire, même si -navrée - je ne sais plus la source) chaque enfant a demandé à naître dans sa famille. Il en était heureux avant sa naissance. Et surtout: Hakadoch Baroukh Hou (le Bon D.ieu) l'a fait naître dans cette famille, et donc avec ce statut, avec les prérogatives et les devoirs qui en découlent. S'Il en a décidé ainsi, c'est que c'est la place, le statut dans lequel cette personne pourra exploiter au maximum son potentiel.
[C'est ne pas réaliser cela qui provoque aujourd'hui tous les problèmes liés aux réformées qui veulent se comporter comme des hommes alors qu'elles n'ont pas compris à quel point elles ont de la chance d'être là où elles sont: en tant que femmes, elle peuvent accomplir 1000 fois plus que ce qu'elles auraient accompli à la place d'un homme. Aucun intérêt de vouloir être aussi bien qu'un Homme alors qu'elles n'ont pas atteint leur plein potentiel en tant que femme ! Les dernières femmes connues pour avoir réalisé des Mitsvot masculines sont (à ma connaissance, à confirmer) les filles de Rachi, il y a près de 900 ans: elles ont mis les Téphilines. Et si elles l'ont fait sans que leur père ne les en maudisse, c'est qu'elles avaient déjà effectué toutes les tâches qu'elles avaient à faire dans leur rôle de femme. Désolée, je me suis égarée. ]
C'est malheureusement ainsi : les femmes (ou simplement les personnes qui auraient souhaité pouvoir réaliser la même chose que d'autres) doivent simplement réaliser tout ce qu'elles peuvent accomplir dans leur situation.
Je crois que votre question (si vous êtes dans l'une des situations que vous énoncez, car sinon vous êtes simplement une personne bien intentionnée) découle simplement d'une volonté d'être "aussi bien que les autres". Je vous comprends parfaitement à mon échelle, puisque tout un chacun qui souhaite progresser dans sa Avodat HM (son service divin) souhaite prendre un exemple duquel s'inspirer pour pouvoir l'atteindre. [Or, il ne faut pas oublier que chacun est différent, et qu'on ne peut se mettre à se comparer à autrui puisque chacun est né dans un contexte socio-familial totalement différent. Je sais bien qu'il s'agit de jolis principes et que dans la pratique on constate des groupements dans le judaisme, mais si vous vous intéressez précisément à un de ces groupes, vous remarquerez que chaque individu est unique. Dans un même groupe, chaque membre d'une même famille fera des choix qui différeront un tant soit peu de son frère, et finira par élever une famille très similaire mais différentes en certains points qui en modifieront l'ambiance. Désolée, je m'égare encore.]

Chacun son histoire personnelle, chacun sa mission.

Donc je le répète encore, mais il n'y a ici rien à voir avec le sang plus ou moins noble, une origine plus ou moins pure, mais simplement une différence de statut. Je ne sais pas si cela vous aidera, mais dites-vous qu'HM (D.ieu) a prévu pour toutes ces personnes une mission pour laquelle ils n'auront pas besoin de ce qu'on ne leur donne pas. La vie que leur réserve HKBH sera infiniment plus belle et riche que celle qu'elles auraient eu dans d'autres circonstances.
Personnellement, je vois (Léhavdil élef alfei havdalot) le plan divin (insondable bien sûr) comme un farfouilli de formules mathématiques qui s'entrelacent entre elles pour former une constante que l'on appelle "La vie", dans laquelle chacun avance selon les outils que le Bon D.ieu lui a accordé à la naissance. Ce n'est qu'une image mais qui me permet de me rendre compte à mon niveau de ce plan insondable.
Sincèrement, je ne sais pas pourquoi ce sont ces personnes là qui sont interdites de mariage, mais je n'ai (encore une fois) aucun doute sur le fait qu'HKBH leur a préparé un avenir bien plus beau que tout ce qu'elles auraient pu avoir là où elles ne doivent pas être, parce qu'Il a décidé que c'était l'environnement dans lequel elles pouvaient utiliser leur potentiel au maximum et se rapprocher le plus possible de Lui.
Tout est donc (selon moi) une question de perspective.

J'espère vous avoir apporté une piste de réflexion. Je serais heureuse de savoir ce que vous en pensez pour qu'on puisse continuer à dialoguer sur le sujet qui est (comme tout sujet de la Torah) intarissable. Je vous ai apporté un aspect de la chose, et je ne doute pas que les autres internautes pourront vous apporter d'autres regards sur le sujet.

Bévirkat Chalom (vous souhaitant du Chalom).
Cheela-techouva
Messages: 111
Ce genre de réfléxion n'est pas, à mon humble avis, théorique ou lechem chamayim.

A mon avis vous etes amoureuse d'un cohen et vous ne pouvez pas l'épouser / il ne veut pas de vous car vous avez eu une relation avec un goy dans le passé

Ou bien

Vous etes amoureuse d'un cohen et vous etes convertie donc vous ne pouvez pas l'épouser / il ne veut pas de vous

Oui, il existe des castes.

je ne suis pas Cohen mais les cohanim sont la caste des prêtres de notre peuple, ce qui implique des réserves et des barrières qui n'existent pas pour tout un chacun.

Cela ne m'a jamais dérangé que cette "caste" me fasse une bénédiction chaque jour.

Cela ne m'a jamais dérangé de ne pas monter avec eux devant le heikhal.

C'est une caste à laquelle je n'appartiens pas. Point. Et pas la peine d'en faire une histoire à cause de vos sentiments éprouvés.

Aussi, je précise que le jour où nous aurons à nouveau un roi, bientôt bs'd, ce ne sera pas un converti. Il devra être "un frère", donc un juif de naissance.

Ah encore une caste privilégiée.

De même, le Grand prêtre (cohen Gadol) ne peut épouser une femme, même juive de naissance, qui ne serait pas vierge.

Et voila encore une caste privilégiée (on dirait même, super-privilégiée - serait-ce un créancier?)

Le peuple juif est ainsi fait, nul besoin de s'offusquer de situation parfaitement naturelles et normales.

Ah, et pour fini, saviez vous que le peuple juif dans son entier est "mamlehet cohanim", une nation de princes ? Terriblement offusquant.

N'allons pas jusqu'à mettre une croix sur la religion sur le fondement de faux prétextes très légers...

Bien cordialement,
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 4501
Bonjour,
je n'ai pas tout lu, seulement le texte initial de Neda qui ressemble à une question et débute par "Bonjour aux Rabbanim", alors qu'il a été posté sur le forum d'internautes et non parmi les questions aux Rabbanim.

J'y réponds sans avoir lu les autres intervenants:

Citation:
Le fait qu'un Cohen ne puisse se marier qu'avec un certain type de femme, ça me fait affreusement penser au principe de caste.
Nous ne sommes pas toutes des juives égales visiblement et encore une fois je trouve que quelque chose est jugée par un humain AVANT le pardon de D.ieu, dans le cas où une fille aurait eu une relation passée par exemple, quand bien même elle aurait fait une techouva sincère pour D.ieu, eh bien non, elle ne pourra pas se marier à un Cohen.

Si elle a passé le parcours du combattant qu'est la conversion et qu'elle est enfin devenue juive, même si (soi disant ?) il ne faut pas rappeler à un converti qu'il est converti, là on le rappellera bien.
Elle est devenue juive mais finalement pas tant que ça, pas comme il faut, pas la VRAIE juive...
Et si une jeune fille a une mère juive, mais que le père ne l'est pas, elle ne pourra encore pas.
Pourtant elle est pleinement juive, mais cette "dilution" avec une âme non-juive; pour ne pas dire du sang non-juif, serait-elle indigne d'un Cohen ?


Vous vous trompez en parlant d’interdits qui n’existent pas tous ou seulement pour le Cohen Gadol [par exemple, celle qui a eu une relation reste autorisée au cohen, sauf si elle a eu une relation avec un non-juif], mais je vais me concentrer sur votre vraie question qui touche au moins au cas de la convertie qui ne peut pas se marier avec un Cohen.

Et là, je vous dirai que vous vous trompez de nouveau en interprétant l’interdit pour le Cohen d’épouser une convertie comme étant indicateur d’un péché ou d’un méfait ou d’un jugement de valeur.

La convertie en question peut parfois être mille fois plus Tsadéket et chère et précieuse aux yeux de D.ieu que le cohen avec qui elle ne pourra pas se marier.

Ce n’est pas parce qu’elle ne serait pas assez Tsadeket/méritante pour lui.
Elle le mérite parfaitement et parfois c’est même lui qui ne la mériterait pas.

Mais cet interdit n’a RIEN à voir avec le mérite ou le démérite.

Sachez que le Cohen ne peut pas non plus épouser une femme divorcée, même si elle est Tsadéket fille de 10 générations de Tsadikim et de Cohanim Gdolim et même si elle n’est absolument pas « fautive » de quoi que ce soit pour avoir divorcé.

Le Cohen Gadol, quant à lui, n’aura même pas le droit d’épouser une veuve. Peut-on reprocher quoi que ce soit à une femme « parce qu’elle est veuve » ? (à part dans le cas où c’est elle qui a tué son mari :) )

Si un cohen ne doit pas épouser une convertie, ça ne veut pas dire qu’elle serait moins méritante.

Cette idée des castes qui vous déplaît est là pour préserver une notion de Kdousha.
La convertie peut être plus Tsadéket que toutes les juives réunies, mais elle est moins Kedosha de par son origine païenne ou idolâtre.
Cela n’a pas d’influence sur ses mérites, ni sur son Olam haba, ni sur la considération qu’on doit lui donner, ni sur le respect qu’elle mérite, ni sur l’opinion de D.ieu à son sujet.
Au contraire, elle a fait l’effort de se convertir en dépit de ces origines peu louables, elle est donc digne d’éloges.

Ce manque de « kdousha » qui la disqualifie pour le cohen n’est pas un reproche ni une critique de sa personne, comme pour la divorcée qui est disqualifiée elle aussi sans que ce soit une critique de sa personne.

Vous écrivez :
Citation:
Et si une jeune fille a une mère juive, mais que le père ne l'est pas, elle ne pourra encore pas. Pourtant elle est pleinement juive, mais cette "dilution" avec une âme non-juive; pour ne pas dire du sang non-juif, serait-elle indigne d'un Cohen ?


Là aussi il y aurait des précisions à souligner
voyez ici :
https://www.techouvot.com/mariage_pour_un_cohen-vt8027758.html
mais lorsque vous vous indignez de constater la disqualification de la fille qui a du sang non-juif (comme vous dites), posons alors la question de celle qui n’a que le père juif et non la mère !

Là vous admettez qu’elle ne peut pas se marier avec un cohen (ni avec tout juif), donc vous admettez le principe des castes.
Car pourquoi une Goya (même des 2 parents) ne pourrait pas se marier avec un juif, si ce n’est en raison d’un problème de castes ?

Les juifs n’ont pas le droit de se marier avec les non-juifs afin de préserver des castes, sans que cela porte un jugement de valeur.

Il y a bien des Goyim très Tsadikim et il demeure interdit de se marier avec eux, même pour un juif/une juive qui est cent fois moins Tsadik que ce non-juif/cette non-juive.

Car il ne s’agît pas de mépris, ni de jugement de valeur, mais du maintien de castes distinctes en raison de rôles distincts qui leur sont assignés (selon la Torah).

Un juif a un rôle qui est différent du rôle qu’a un Goy (selon la Torah), chacun a sa mission et voilà pourquoi il ne faut pas se mélanger par un mariage.

Un cohen a aussi un rôle qui diffère de celui du juif (bien que la différence soit beaucoup plus légère et subtile) et c’est pourquoi le juif classique peut épouser certaines femmes qui seront interdites au cohen.

Mais ce serait une erreur d’y voir un jugement de la valeur de la personne.

Donc lorsque vous écrivez :
Citation:
je trouve que quelque chose est jugée par un humain AVANT le pardon de D.ieu

Vous vous trompez, il n’y a aucun jugement et ce sur quoi une personne a réellement fait Tshouva est effacé AU NIVEAU de l’ardoise des péchés.

Vous écrivez encore:
Citation:
Si elle a passé le parcours du combattant qu'est la conversion et qu'elle est enfin devenue juive, même si (soi disant ?) il ne faut pas rappeler à un converti qu'il est converti, là on le rappellera bien. Elle est devenue juive mais finalement pas tant que ça, pas comme il faut, pas la VRAIE juive...


Une convertie ne devient pas juive de naissance.
Elle est parfaitement juive pour la quasi-totalité des Halakhot, mais il en subsiste certaines, comme pour le mariage, où son origine non-juive la disqualifie pour le Cohen.

Quand on dit « il ne faut pas rappeler à un converti qu'il est converti » ça ne veut pas dire qu’il faille mentir et lui dire que ses parents étaient juifs, ça veut juste dire qu’il ne faut pas le lui rappeler SI C’EST DÉNIGRANT, comme pour tout Baal Tshouva à qui il ne faut pas rappeler ses anciens péchés, on ne dira pas au converti non plus des choses qui pourraient s’apparenter à un mépris.
Mais l’impossibilité d’épouser un cohen n’est pas un mépris et il concerne aussi certaines juives. C’est juste un problème de caste…

Si ça avait été un jugement de valeur ou un mépris, comment comprenez-vous que des Tsadikim parmi les plus grands aient épousé des converties ? Par exemple Yehoshoua le successeur de Moshé Rabénou, Boaz, ou encore des tsadikim plus tardifs comme Rabbi Akiva …

Voyez aussi le Sefer ‘Hassidim (§377) pour qui (concernant le mariage) il est préférable d’opter pour une famille de Guérim qui ont de bonnes Midot, plutôt qu’une famille juive d’origine mais avec de mauvaises Midot.
raphy happy man
Messages: 12
kvod arav, je voudrais aucunement rajouter mon grain de sel à votre réponse qui est on ne peut plus complète BH
Mais j'avais vu une explication mais je ne me rappelle plus où malheureusement;
concernant le fait que le Cohen Gadol ne pouvait pas épouser une veuve, contrairement à un Cohen Hédiyot.
Une des explications était de dire que l'on craignait qu'il ait des vues sur une femme mariée, et que le jour de Yom Kippour, quand il rentre dans le Kodesh Akodashim, il prie pour que son mari meurt, afin de récupérer cette femme...
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