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se faire servir par son père

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yoel73
Messages: 9
Chalom rav Wattenberg,
Je suis sur la Halakha 25, Yorei dea 240 dans le shoulhan arouh, et il est écrit :
אִם הָאָב רוֹצֶה לְשָׁרֵת אֶת הַבֵּן, מֻתָּר לְקַבֵּל מִמֶּנּוּ אֶלָּא אִם כֵּן הָאָב בֶּן תּוֹרָה

J'aurai voulu savoir la définition du ben Torah ?

Si vous avez quelques sources, je ne dis pas non (et je dirais même merci beaucoup :)

Merci pour toutes vos réponses que je suis avec beaucoup d'attention.

Kol touv
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 4639
Citation:
Je suis sur la Halakha 25, Yorei dea 240 dans le shoulhan arouh, et il est écrit :
אִם הָאָב רוֹצֶה לְשָׁרֵת אֶת הַבֵּן, מֻתָּר לְקַבֵּל מִמֶּנּוּ אֶלָּא אִם כֵּן הָאָב בֶּן תּוֹרָה

J'aurai voulu savoir la définition du ben Torah ?

Si vous avez quelques sources, je ne dis pas non (et je dirais même merci beaucoup :)


Il faut comprendre l'enjeu; voyez la Gmara Kidoushin (31b) et Rashi (ad loc) et le Yeroushalmi Kidoushin (I, 7) cité par le Beit Yossef (Y"D §240).

Tout tourne autour de 'Halsha Daatei, c-à-d que PARFOIS (cf. Tosfot Ri Hazaken) si le fils accepte d'être servi par le père, ce dernier en concevra une déception.

Il ne faut donc pas perdre le cap et vouloir appliquer stupidement cette halakha.
Le Méiri (ad loc) et le Ran (13a sv. garsinan) (et Rabénou Yerou'ham) écrivent (en se basant sur le 1er perek du Yeroushalmi Péa) que si le père est Makpid sur ce refus du fils, le fils devra accepter le service.

Mais le Birkei Yossef (Y"D §240, sk.25) rapporte le Pri 'Hadash qui repousse la preuve du Ran et s'oppose au Din en question.

Bien entendu, si seul le père peut accomplir quelque chose, il n'y a pas d'interdit car pas de zilzoul.
Nous parlons d'un service que le fils peut tout aussi bien faire lui-même. Par exemple se faire un verre de thé.
Dans ce cas, le fils doit refuser.
Mais si le fils est malade et que le père lui apporte un thé, pas de souci.

Dans le Maassé Ish (II, p.183) (ou VI, p.150 selon les versions) et dans le Or'hot Rabénou (III, p.109) il est rapporté que Rav Haim Kanievsky, ayant rendu visite à son père -le Steipler, ce dernier lui servit un verre et le fils hésita.
Il demanda à son oncle -le 'Hazon Ish, qui lui dit qu'il ne devait pas le boire en raison de cette halakha.

Toutefois, Rav Elyashiv (Vayishma Moshé II, p.209) ne partage pas vraiment cet avis et considère qu'une fois le verre versé, le père serait encore plus déçu du refus du fils.
Cela semble aussi être l'opinion du Shout Torah Lishma (attribué au Ben Ish 'Haï) (§275), surtout si ce n'est pas une service qui nécessite un grand effort.
Voir encore Shout Shraga Haméir (IV, §26).

Tout dépendra des paramètres propres à chaque situation et chaque famille.
La règle d'or est : LE BON SENS.
Il n'y a pas une Gzeirat Hakatouv interdisant au fils de tirer profit du père, il s'agit d'une halakha qui découle du bon sens des 'Hazal qui ont ressenti que -parfois- il ne convient pas de se faire servir par son père, c'est un manque de Kavod.
Il faut cerner cette notion, l'absorber et la ressentir pour pouvoir enfin savoir quand et comment et jusqu'où l'appliquer.

Il me semble évident qu'aujourd'hui, dans la majeure partie des familles juives en France, si le père apporte un café à son fils qui lui rend visite -même si ce n'est pas souhaitable (=il aurait fallu que le fils se le fasse lui-même), une fois que le café est servi, il ne convient pas de le refuser.
(idem si le père ne veut pas que le fils tripote sa machine à café etc..., le fils ne devra pas insister pour se le faire tout seul, évidemment.)


La définition du Ben Torah dans ce cas-là sera donc "celui qui connait les Hilkhot Kiboud Av Vaem et Kiboud Talmid 'hakham et pourrait considérer que tout en servant son fils, ce dernier se devrait de refuser certaines choses".

Selon certains, nul besoin donc que le père soit effectivement un Talmid 'Hakham, il ne s'agit que de "ben torah" (Yabia Omer VII, §16, 2), mais pour d'autres, il faut tout de même que le père revête d'une certaine manière un aspect de Talmid 'Hakham, sans quoi il n'y aurait pas lieu de se formaliser (cf. Kiboud Horim §VIII, 7, c'est aussi ce qui semble être la compréhension du Maharsha (Kidoushin 31b) et voir encore le 'Hayei Adam (§67, 26) duquel on comprend aussi qu'il s'agit d'un Din lié au Kavod du Talmid 'Hakham qui aurait ici été appelé Ben Torah).

Si vous voulez des sources et des références sur ce sujet, je vous conseille le 'Hout Shani de Rav Nissim Karélits, c'est dans le tome sur Hilkhot Yom Tov et Hol hamoed, il y a à la fin une partie pour commenter le Shoul'han Aroukh sur les lois de Kiboud Av Vaem.

Voyez les pages 313 et suivantes, ici:
https://hebrewbooks.org/pdfpager.aspx?req=46469&st=&pgnum=323

et pour la définition de ce qu'on appelle ben Torah dans ce cas, voyez en page 315, §3, ici:
https://hebrewbooks.org/pdfpager.aspx?req=46469&st=&pgnum=325

Citation:
Merci pour toutes vos réponses que je suis avec beaucoup d'attention.

My pleasure.
Merci à vous de me lire avec beaucoup d'attention.
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